Planche 595

cours de paysage, dessin

Un Jour d’hiver, dessin de paysage à la mine de plomb sur papier spectre, par Ferogio
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6223843p/f97.item

Au moyen de la feuille de papier spectre que nous vous donnons comme planche dans la présente livraison, sous le n° 597, il vous sera très-facile de retrouver l’ensemble de ce charmant croquis et d’en achever l’esquisse d’un main légère. Tous les clairs vous étant donnés d’avance, il ne nous restera plus qu’à indiquer et à grouper autour de ces premiers indices les ombres, les demi-teintes, les traits de vigueur et les détails qui compléteront l’effet. Respectez surtout l’harmonie de ce fond à demi-estompé par la brume; la moindre dureté de crayon y produirait une tache qu’il ne serait pas ensuite facile de faire disparaître.
Quant au groupe de personnages du premier plan, avec un peu d’attention, vous en ressaisirez parfaitement la masse et la silhouette sur votre papier spectre, en vous guidant sur la touche de blanc pur qui indique la forme du parapluie sous lequel s’abrite la femme montée sur un cheval.

Mais, comme on n’a pas toujours à point nommé le genre de papier nécessaire pour copier l’original que nous avons ici sous les yeux, je vais essayer maintenant de vous indiquer le moyen de vous en passer.
– Prenez une feuille de papier blanc un peu corsé et grenu, sur laquelle vous arrêterez au moyen de lignes tracées à la règle la grandeur de votre dessin.
– Tracez ensuite votre esquisse avec un crayon de mine de plomb un peu ferme ; ne craignez pas d’appuyer jusqu’à un certain point tous les détails du premier plan. — Votre esquisse faite, ayez de la mine de plomb en poudre, et, à défaut, frottez sur un fragment de papier assez rude un crayon de mine de plomb tendre, taillé en biseau, de manière à vous donner une espèce de sauce, comme on le fait avec un crayon ordinaire quand on veut dessiner à l’estompe.
– Prenez ensuite un petit tampon, gros comme une noix, de coton en carde; chargez-le de votre sauce et frottez-en toute la surface du dessin, sans trop vous préoccuper de réserver les lumières ; — nous les retrouverons plus tard ; — par-dessus cette première teinte et avec un flocon de coton légèrement chargé d’un ton bleuâtre et clair fourni par un peu de cobalt en poudre ou par un crayon de pastel analogue, vous glacerez de ce bleu toute la partie de la première teinte destinée à reproduire le ciel. -Ce travail préparatoire accompli, prenez la boulette de pain rassis, modelée entre vos doigts, selon le besoin des formes à rendre, et recherchez franchement toutes vos touches de lumière, sur les toits du fond, sur le terrain, sur les herbes et les troncs d’arbres du premier plan ; ayez même recours au besoin à la gomme élastique, s’il le faut. — Dessinez ensuite avec délicatesse les arbres du fond; —remontez, avec un crayon demi-tendre, le ton des ombres de vos fabriques; avec un autre crayon plus noir, repiquez etaccentuez les dessous des plantes et indiquez tous les détails des arbres du devant.
– Votre dessin aura déjà un aspect très-satisfaisant.
Il ne vous faudra plus pour l’achever que teinter avec ce même crayon noir et tendre le groupe des figures qui cheminent sur la glace au premier plan. — Promenez ensuite le crayon un peu partout, avec goût et intelligence, pour compléter l’accord et l’harmonie du dessin, et le tour sera fait.