BOSCH : Destination Bois-Le-Duc ou Madrid ?

L’année 2016 marque le 500e anniversaire de la mort de Jerôme Bosch, et 2 importantes rétrospectives de son œuvre ont lieu en Europe, l’une au Pays-Bas et l’autre en Espagne. Je suis tentée par les 2 destinations, voici quelques informations recueillies afin de faire un choix … ou pas.

BOIS-LE-DUC

ou  ‘s-Hertogenbosch, en néerlandais

Jheronimus van Aken est né, a vécu et il est mort à Bois le duc, à un moment de sa carrière il a même décidé de signer ses peintures du nom de Jheronimus Bosch, en référence à la ville où il vit et travaille. Il ne quittera pas beaucoup sa ville natale et encore moins son pays, mais cela n’empêchera pas d’acquérir de son vivant une renommée internationale.

Photo Wikimedia - auteur Cqui

Photo Wikimedia – auteur Cqui

Bois-le-Duc : l’un des plus vieux centres historiques des Pays-Bas
En néerlandais, la ville est généralement appelée Den Bosch. Mais son nom officiel est ’s-Hertogenbosch, ce qui signifie littéralement ‘le bois du duc’. En 1185, le duc Henri Ier de Brabant crée la ville, lui octroyant les libertés communales et les privilèges commerciaux afférents. Le plus vieil endroit du centre-ville est la place triangulaire du Markt, là même où vécut le plus célèbre des habitants de la ville, Jérôme Bosch. La vieille ville est la plus vaste enceinte fortifiée des Pays-Bas. Au sein de ses murs de fortification, la ville de Bois-le-Duc a en grande partie conservé sa structure médiévale, avec ses innombrables venelles tortueuses, ses entrepôts et ses maisons de marchand qui bordent la Dieze. Aujourd’hui encore, Jérôme Bosch s’y retrouverait sans le moindre problème.
Après avoir visité l’exposition, les admirateurs du peintre découvriront volontiers ce centre historique, en montant par exemple au sommet de la tour gothique de la Cathédrale Saint-Jean, en flânant sur le Markt où trône la statut de Jérôme, en appréciant le classicisme de l’hôtel de ville, en s’émerveillant devant la plus vieille maison en briques des Pays-Bas (‘De Moriaan’) ou en voguant sur la Dieze, le réseau séculaire qui rassemble toutes les voies d’eau à l’intérieur même de la vielle ville. Sans oublier le centre de connaissance et d’expérimentation Jheronimus Bosch Art Center pour les vrais amoureux du peintre. Bois-le-Duc, a été élue ville la plus accueillante à quatre reprises.            communiqué de presse

L’exposition à Bois-le-duc est le point d’orgue de  la célébration du 500e anniversaire (1516-2016) qui durera toute l’année dans le pays. Cet événement est là pour attirer de nombreux touristes car en fait la ville ne possède aucune oeuvre de l’artiste, elle offre juste son statut de lieu de naissance du peintre. Si tout cela est basé sur une grande opération de communication et de marketing touristiques et culturels, l’événement permet de rassembler beaucoup de données (Bosch Research), d’organiser des échanges internationaux et fait preuve d’imagination pour établir des liens entre le passé artistique et les nouveaux secteurs  spectacles , visite du Jheronimus Bosch Art center.

Les 10 points forts de l’événement à ne pas manquer en dehors de l’expositon sont à découvrir ici.

L’exposition hollandaise

Elle a lieu au musée Noordbrabants du 13 février au 8 mai 2016, et rassemblera 20 peintures dont 4 triptyques et 4 panneaux peints des 2 cotés, et 19 dessins de J.Bosch, 7 panneaux issus de son entourage seront également exposés et 70 oeuvres illustreront le contexte de l’époque.

La visite se fera à travers 6 thèmes :

  • Le pèlerinage de la vie humaine
  • Jérôme Bosch à Bois-le-Duc
  • La vie du Christ,
  • Bosch, le dessinateur
  • Les saints
  • La fin du temps
 
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Parmi les oeuvres de J.B., 12 d’entre elles ont été spécialement restaurées pour l’occasion et beaucoup ont fait l’objet de recherche, ainsi le Bosch Research and Conservation Project (BRCP) a déterminé que deux peintures attribuées à l’artiste hollandais Jérôme Bosch n’ont pas été peintes par l’artiste en personne.

« Les deux tableaux — Christ portant la croix (circa. 1515-16) et le mondialement connu Les Sept Péchés capitaux (circa. 1500), accroché au musée du Prado de Madrid — auraient été peints dans l’atelier de Bosch, mais par d’autres mains que celles de Jérôme Bosch. Le processus de recherche — appuyé sur la comparaison des tableaux — employait des technologies de pointe : réflectographie infrarouge et macro photographie numérique ultra-haute résolution. Le BRCP a expliqué : « Avec l’étude au microscope des peintures, nous avons pu écrire des rapports de recherches précis détaillant les conditions des œuvres. » Les deux tableaux ont longtemps été célébrés comme deux des œuvres les plus importantes de l’artiste. »

Actuellement le patrimoine artistique connu de J. Bosch est de 45 peintures et dessins, repartis sur 2 continents, 10 pays, 18 villes et 20 collections. Grace au  Projet de Recherche sur Bosch on peut  voir le détail des œuvres avec de nouvelles techniques de visualisation et  les résultats complets de l’étude feront parties intégrantes de l’exposition de Bois-le-duc et seront publiés, dès janvier 2016, sous la forme d’une monographie en 2 volumes.


MADRID

Si tout est dévoilé lors de Jheronimus Bosch500 , que voir de plus en Espagne?

Le Musée du Prado

C’est un des plus beau musée du monde avec une de plus grande pinacothèque : la visite est donc incontournable.

« Le musée du Prado possède la plus grande collection de peinture espagnole au monde. Il s’agit d’un échantillon incomparable, allant du roman au XIXe siècle et incluant des toiles indispensables d’artistes comme le Greco, Murillo, Zurbarán, Ribera, Sorolla, Goya ou Velázquez. Ces deux derniers brillent de leurs propres feux. La très riche exposition sur Goya, composée de plus de 140 œuvres, permet d’apprécier son évolution . En ce qui concerne Velázquez, le Prado possède près de cinquante de ses œuvres, parmi lesquelles la quasi totalité de ses toiles les plus importantes, comme « les Ménines », « la Reddition de Breda », « les Fileuses » et « les Buveurs. »

Vous pourrez voir  aussi :  les Trois Grâces  de Rubens, le Lavement des pieds  du Tintoret,  Artémisia  de Rembrandt,  la Sainte-Famille de Raphaël,  la Descente de croix  de Van der Weyden… pour ne citer qu’eux, ainsi que l’ Autoportrait  de Dürer, que j’aurai un immense plaisir à pouvoir admirer de près.

 

Mais bien sûr le Musée du Prado conserve depuis 1939   l’exceptionnel  Jardin des délices terrestres  de Jérôme Bosch, et il semble que ce sera le seul endroit où l’on pourra l’admirer.

Jardin des délices de J. Bosch - 1503 cliquer sur l'image pour la Haute définition

Jardin des délices de J. Bosch – 1503 – Image Haute résolution Wikipedia

 

L’exposition madrilène

 

L’exposition aura lieu du 31 mai au 11 septembre 2016, elle  ne semble pas être bien différente de celle de Bois-le-Duc et si l’on n’a pas encore de détails ni de communiqué de presse,  on sait  qu’elle se divisera en cinq parties, avec une sixième partie consacrée aux dessins (donc similaire). Parmi les œuvres présentées, 25 sont des toiles peintes par Bosch personnellement alors que 9  d’entre elles ont été exécutées par son  atelier, et le reste par d’autres peintres illustrant l’époque auxquelles s’ajouteront 65 peintures issues de la collection de la pinacothèque madrilène .

« Parmi les œuvres exposées, on retrouve les principaux triptyques de l’artiste dont Le jardin des Délices ou L’adoration des Rois Mages, actuellement en restauration, ainsi que l’exceptionnel prêt du Musée de Art Antiga de Lisbonne, Le Triptyque des Tentations de Saint Antoine. D’autres toiles viennent entre autres des musées Albertina et Kunsthistorisches Museum de Vienne, du Museum of Fine Arts de Boston, du Metropolitan Museum ou de l’Art de New-York,  de la National Gallery de Washington, du Musée du Louvre de Paris ou du Pole Museale de Veneto de Venise. Pour compléter l’ensemble, des peintures, miniatures, dessins, sculptures ou gravures au burin lesquelles représentant certains des thèmes abordés  par le peintre, comme l‘enfer ou les pêchés et permettront au visiteur de comprendre l’environnement d’origine des toiles de cet éminent artiste hollandais. »  –  Office du tourisme 

 Je ne manquerai pas d’ajouter les renseignements supplémentaires dès qu’ils paraitront.

 CONCLUSION

ALORS : La grisaille du Nord ou le Soleil au Sud?

Pour ma part , je crois que mon choix est fait :

Le coté exceptionnel de l’événement aurait tendance à conduire mes pas vers le Nord.  La destination étant plus facile d’accès depuis Paris . De plus, le voyage peut être parsemé de jolies haltes :  Gand pour voir le retable restauré de l’Agneau mystique  des frères Van Eyck ; Brugges, une ville que j’aime beaucoup  et bien sûr, poursuivre un peu plus au nord pour visiter le Mauritshuis de La Haye et le Rijksmuseum à Amsterdam . 

Il faut donc  prévoir une semaine, une belle escapade culturelle  qui peut aussi passer par le Louvre-Lens et Lille , un excellent break  pour la saison.

Au Sud, le soleil, l’Espagne, Madrid… pendant l’été,  cela ressemble plus à une destination de vacances .  Je ne suis pas certaine que l’exposition Bosch soit la bonne raison pour faire le déplacement, surtout à cette période. Le musée du Prado, la visite de la ville  madrilène, se suffisent pour faire ce voyage.  De plus c’est le seul endroit pour voir le Jardin des délices,  car si Le Musée a accepté de faire voyager le triptyque « le Chariot de foin » , immobilisé depuis 450 ans, il n’en est pas de même du Jardin des délices. Rien que pour cela la visite du Musée sera toujours dans ma liste des choses à faire.

Je serai donc ravie de faire une autre escapade en terre hispanique et en profiter pour passer par  Barcelone, mais pas spécialement durant la période de l’exposition.

Alors, vous aussi  à vos agendas…

Bon voyage et bonne exposition  à tous les fous de Bosch

supplément à l’article

PS.: Compte rendu de ma visite à Bois le Duc