Une exposition à ne pas manquer

Les Chefs d’œuvres de Budapest 

Musée du Luxembourg

Dès l’ouverture de l’exposition, j’ai mis le cap sur le Musée du Luxembourg sans me questionner sur ce que j’y découvrirai. Pourtant certaines expositions organisées par le Sénat et la RMN sont loin de me laisser un souvenir impérissable, je pense surtout à l’expo « La renaissance et le rêve », qui faisait une place plus grande au décor et à la mise en scène qu’aux œuvres elles-mêmes. Mais depuis quelques temps les expositions ont retrouvé leur prestige.

Cette fois-ci , je ne suis pas déçue : quelle magnifique exposition!!

Dès l’entrée, on est émerveillé par les trésors exposés. On va de découverte en découverte, l’organisation est bien faite, point d’overdose comme à l’exposition de Vigée le Brun avec tous ces portraits alignés  de salle en salle qui dévorent le visiteur, ici c’est du Grand Art autant dans le choix des œuvres  que dans la mise en place. La visite se fait suivant une chronologie bien organisée , Moyen-Age, renaissance , cinqueccento, âge d’or hollandais, … jusqu’aux peintures plus récentes françaises et hongroises.

Voici quelques vues de l’exposition

 

Si l’on doit à cette exposition toute cette richesse, c’est certainement en grande partie à cause de la fermeture jusqu’en 2018 du Musée des Beaux arts de Budapest pour rénovation. Car aucun musée ne se séparerait d’autant de chefs d’œuvre en même temps, et  c’est une chance pour nous.

L’histoire de ce musée est longue et liée au développement historique et culturel du pays, mais si le contenu du musée est si important aujourd’hui c’est grâce aux nombreux collectionneurs et donateurs qu’il y a eu parmi la noblesse et l’aristocratie hongroise . Milos Jankovich fut un des premiers mécènes de l’art hongrois, l’archevêque Janos Lazlo Pyrker fit don de plus de 200 tableaux essentiellement italiens en 1836. Mais une des plus importantes collections léguées  à l’Etat fut celle de la famille Estertrazy Nicolas II , le plus grand collectionneur de la dynastie réunira plusieurs milliers de tableaux, dessins et gravures avec l’envie de créer un musée. Il présentera au public ses collections  au Palais Kunitz à Vienne à partir de 1815. Mais son petit fils sera contraint de céder toute la collection (630 tableaux, 3500 dessins et 50 000 estampes) en 1871 à l’état hongrois bien en dessous de sa valeur. Ce qui permit d’alimenter une nouvelle institution, la Pinacothèque, qui continuera à  s’enrichir régulièrement  avec d’autres legs regroupant des chefs d’œuvres de Rafael, Cranach, Dürer, le Tintoret , Brueghel  et bien d’autres … rassemblés maintenant au Musée des Beaux arts de Budapest.

Vue de la salle de maitres italiens, pinacothèque 1904

Vue de la salle de maitres italiens, pinacothèque 1904

 

On peut  voir aussi dans l’exposition, quelques chefs d’œuvre de la sculpture comme les têtes de caractère de Messerschmidt  ou les Sirènes de Rodin et plus étonnant, la sculpture d’un Cavalier sur un cheval cabré attribué à Léonard de Vinci

 

Quelques dessins ou gravures :

 

La peinture hongroise et les symbolistes

C’est La grande découverte pour moi et une belle surprise de plus dans cette expo.

La plupart des peintres hongrois exposés étaient pourtant très connus en France et certains vivaient même à Paris mais, ils sont un peu tombés dans l’oubli et c’est bien de les présenter à nouveau aujourd’hui.

La Femme à la cage , utilisée pour l’affiche de l’exposition fut peinte à Paris en 1892, par le peintre Jozsef Rippl-Ronai. Le style s’apparente aux Nabis, pourtant l’artiste l’a peinte quelques années avant de faire partie du groupe.

Pal Szinyei-Merse avec son tableau l’Alouette fait forte impression dans l’exposition . Précurseur de l’impressionnisme hongrois, il a du, en son temps, souffrir de la critique. Même si ce tableau est beaucoup plus classique, les critiques ont été sévères. Il revêt ici une place de choix et il est magnifiquement présenté.

 

Le suisse, Arnold Böcklin avec la scène du Centaure chez le forgeron  témoigne des échanges artistiques entre la Hongrie et le reste de l’Europe.

 

 L’age d’or  Janos Vaszary

 

 

Franz von Stuck , est un peintre symboliste allemand il fut un des membre fondateur de la Sécession munichoise en 1892  est présent ici avec une huile sur bois  « Le printemps » .

sécession

Le Printemps de Franz von stuck

 

Mon petit coup de cœur

En passant par là, j’ai retrouvé mon aiguillère dans la splendide nature morte de Claesz Heda . Une partie de la composition est quasi identique à ma copie (original au Petit-Palais) avec un jambon et un nautile en plus et des dimensions bien plus grandes. Le tableau, certainement restauré, a des couleurs magnifiques, des harmonies de gris , des rendus de matières splendides, des transparences  incroyables et des nacres irisés de toute beauté. Un thème récurrent chez le peintre mais une telle maitrise du pinceau me laisse toujours sans voix . Rien que pour ce tableau, je pourrai retourner voir l’exposition.

 

 

Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas tout dévoilé et il y a bien d’autres choses à découvrir dans cette exposition.

Alors pas d’hésitation, courez la voir … moi j’ai prévu d’y retourner .

 

 

Toutes les œuvres ici présentées font partie des collections du Musée des BA de Budapest