cours de paysage

Gallica, Album, journal destiné aux artistes, arbre, paysage

Étude sur la composition n°13
Sujet tiré du livre de M. de Lamartine, intitulé lesMéditations.

Le paysage est ici tout composé, le peintre ne sera, en vérité, qu’un copiste. Cependant vous allez, avant de tracer le tableau de cette vallée sinueuse, de ces ruisseaux qui coulent sous le feuillage, qui se joignent sans choc dans le silence de la forêt, vous allez, disons-nous, passer en revue dans votre mémoire les sites dont l’aspect vous a paru présenter un portrait de celui-ci. Nous vous donnons, pour notre part, une des nombreuses variantes qui peuvent également exprimer le sujet indiqué. Les deux ruisseaux viennent se confondre aux pieds du spectateur, sur le devant du tableau, un tertre les sépare dans le fond de la vallée, dont on aperçoit les détours dans le lointain. Une ruine sur les hauteurs ne pouvait qu’ajouter à l’expression de rêverie dont la nature doit-être empreinte.

Vous comprenez combien il eût été facile de varier cette même composition soit en y mêlant plus de teintes sombres, pour rendre les lieux plus mystérieux et plus capables encore de porter l’esprit à la rêverie, soit en lui donnant un aspect plus sauvage et plus rude. Cependant il ne conviendrait pas de répandre dans cette solitude des images trop tristes, qui troubleraient la paix douce et pure que l’âme vient y chercher.

D’après la disposition des lieux tels qu’ils ont été choisis dans cet exemple, il fallait renoncer à couvrir les premiers arbres d’un épais feuillage ; c’eût été faire un obstacle pour l’œil, qui doit pénétrer dans le fond du tableau. Une trouée pouvait, sans rien enlever à la sombre atmosphère du vallon, laisser passer une clarté un peu vive et qui arrive sur le monticule du premier plan.

Nous pensons qu’il ne sera pas sans utilité pour les jeunes artistes, d’essayer ici une on deux compositions différentes, et pour diminuer encore les difficultés qu’ils ne manqueraient pas de rencontrer dans ces premières tentatives, nous leur présenterons, pour cette fois seulement, un second dessin qui sera consacré au même sujet.