perspective

dessiner une haies d'arbres

rangées d’arbres en perspective
Gallica

D’après le plan qu’ils occupent, les objets sont fuyants selon qu’ils ont plus ou moins de détails , et que la lumière et l’ombre se trouvent disposés convenablement.

Nous avons réuni dans cette planche des arbres placés à des plans différents , et nous avons tâché que chacun de ces arbres soit à la place qu’il doit occuper comme teinte et détail : ainsi les arbres du premier plan ont plus de détails et les ont plus prononcés que ceux du second plan ; ceux-ci ont de même plus de détails, et les ont plus déterminés que les arbres du troisième plan, et ainsi de même pour tous les plans. Dans les lointains ou plans les plus éloignés, les teintes deviennent tout à fait unies et sans aucun détail: nous concluons de là que plus un objet sera censé éloigné, moins il devra avoir de détails, et plus ses teintes devront être unies et se rapprocher d’un seul ton local.
Une observation à faire, c’est que les détails des objets des plans éloignés sont toujours plus prononcés au sommet de ces objets qu’à leur base , par la raison que plus l’air atmosphérique approche de la terre , plus il est chargé de vapeur qui s’en élève, et qui, s’interposant entre ces objets et notre œil, les voilent plus ou moins fort, suivant qu’ils sont grands ou petits.
Au premier plan nous distinguons au contraire mieux les détails de la base des objets que ceux de leur sommet, parce qu’alors étant plus près de notre œil nous les apercevons avec plus de facilité.

Ainsi que les détails, la lumière et l’ombre s’affaiblissent en s’éloignant; nous allons donner un exemple : nous prenons la couleur blanche pour la lumière et la couleur noire pour l’ombre ; supposons deux murs placés parallèlement et se prolongeant à l’infini, l’un de ces murs est blanc, l’autre est noir; le mur blanc en s’éloignant deviendra foncé, il perdra peu à peu sa couleur pour prendre celle de l’atmosphère ; le mur noir en s’éloignant deviendra clair et prendra de même la couleur atmosphérique , si bien qu’à une certaine distance ces deux murs devront paraître de la même couleur.

On peut très bien se rendre compte d’après nature de ce principe, que la lumière et les objets clairs s’affaiblissent en s’éloignant et deviennent de plus en plus foncés, qu’au contraire les ombres et les objets foncés deviennent clairs.
Voici par quel moyen on peut arriver à se le bien persuader. Il faut d’abord trouver plusieurs objets clairs à la suite l’un de l’autre, tels que des colonnes, des statues ; nous préférons les statues parcequ’elles sont plus blanches et qu’alors c’est plus visible. Nous allons donc dans une galerie de statues; ces statues doivent être éclairées de même; nous nous plaçons de manière à en apercevoir plusieurs se détachant l’une sur l’autre ; la première se détachera en clair sur la seconde, donc la seconde paraît plus foncée que la première ; la seconde se détache en clair sur la troisième , donc celle-ci est plus foncée que la seconde, et ainsi de suite. On voit par la qu’elles perdent leur blancheur en s’éloignant, donc le blanc s’affaiblit en fuyant ; voilà pour le blanc et les couleurs claires. De même pour la couleur noire, si nous rencontrons plusieurs objets de cette couleur placés à la suite l’un de l’autre et éclairés de même, le premier objet se détachera en noir sur le second, donc le second paraît plus clair; ce même second se détachera en foncé sur le troisième , donc le troisième paraît moins foncé ; donc les objets noirs et foncés s’éclaircissent en s’éloignant.

Donc le blanc et le noir, les couleurs jaune, rouge, bleue, et leur composés vert, orange, violet, etc., etc., s’affaiblissent plus ou moins, suivant que le plan qu’elles occupent est plus ou moins éloigné.