pin

dessiner des pins

cours sur le paysage, bosquet de pins
Gallica

Le pin sauvage, est un arbre résineux, conifère, qui s’élève droit à la hauteur de quatre-vingts pieds et plus, aux expositions du nord, dans les endroits humides; tandis qu’il reste bas et souvent tortu dans les lieux secs, arides ou exposés au midi. Lorsque cet arbre croît en forêt pressée son tronc est nu de branches, les plus basses sont très éloignées du sol; mais s’il vient isolé, il est chargé dès sa base de rameaux étalés. Le tronc est revêtu d’une écorce épaisse, crevassée, écailleuse, friable ; ces écailles, qui ont l’air de s’enlever facilement, sont cependant très solides ; elles laissent voir dans les gerçures profondes qui les séparent qu’elles sont en grande quantité l’une sur l’autre; ces gerçures sont prononcées fortement jusque vers le tiers de la hauteur de l’arbre et elles finissent par disparaître entièrement vers le sommet de l’arbre. Le tronc en sortant de terre est rond, rarement il est accompagné de côtes racines. Le petit nombre de troncs tortillés que l’on rencontre sont toujours placés accidentellement entre des rochers ou dans des endroits très rapides. La couleur générale du tronc etde son prolongement comme tige principale est, depuis sa base jusqu’au tiers à peu près de sa hauteur, d’un ton gris-jaune, gris-violet; le reste ainsi que les branches sont de couleur terre de Sienne brûlée ; ce qui contraste agréablement avec le beau vert du feuillage de cet arbre. Lorsqu’on étudiera le tronc du pin il faudra observer que par la disposition des écailles les gerçures paraissent bien plus profondes sur les côtés du tronc que vers le milieu ; par conséquent c’est sur les côtés que se trouvent les vigueurs, ce qui est l’inverse des autres arbres à écorce gercée.

Les branches du pin sont disposées par verticilles, deux à quatre ensemble, quelquefois jusqu’à cinq ou six ; d’abord un peu redressées dans leur jeunesse, mais ensuite étendues horizontalement : leur disposition constante et invariable autour du tronc indique d’une manière certaine l’âge de l’arbre, en comptant chaque entre-nœud pour une année. Les feuilles éparses sur les rameaux ou, pour mieux dire, disposées en double spirale, sont linéaires, étroites, raides, demi-cylindriques, très glabres, d’un vert un peu glauque, enveloppées deux à deux à leur base par une gaîne courte, de manière que leurs deux faces aplaties se regardent, et que ces deux feuilles appliquées l’une contre l’autre en sortant de la gaîne forment un cylindre qui a environ une demi-ligne de diamètre. Ces feuilles persistent pendant quatre ans sur l’arbre, et elles ne tombent ordinairement qu’au commencement de la cinquième année ; il reste après leur chute à la place de leur insertion une impression sur les rameaux qui les rend un peu raboteux.

Les grandes ou petites masses de feuilles sont allongées en ovale afin de correspondre à la forme des feuilles; la couleur du feuillage est vert-gris brillant, plus ou moins blanchâtre; l’intérieur des masses est d’un ton chaud, occasionné comme dans le sapin par une partie des feuilles les plus anciennes, qui étant mortes ou prêtes à mourir se détachent et prennent un ton coloré de terre de Sienne naturelle; joint à cela la couleur des jeunes rameaux qui est brune, terre de Sienne brûlée.