Mes « gallicanauteries » le dessin de paysage 2

DESSINER UN  PAYSAGE

Voici donc, comme promis, la suite des cours de dessin sur le paysage glanés sur le site de la Bibliothèque nationale de France : Gallica. Dans  la Première partie , on apprenait à dessiner des arbres, le feuillage,… dans ce chapitre on se prépare au dessin de paysage sur le motif en apprenant à composer et à regarder.

Rembrandt, Graveur, paysage

Estampe de paysage de Rembrandt 1645

Pour la petite histoire, une partie des planches que vous trouverez dans ce post, sont issues d’une revue mensuelle « l’Album » créée en mai 1840 et qui s’adressait aux jeunes artistes. On y trouvait  des modèles lithographiés avec le plus grand soin et un texte dans lequel les professeurs donnaient des conseils assez précis. Ces publications sont toujours utiles si l’on cherche à progresser en dessin. Tous les n° ne sont pas numérisés chez Gallica mais les exemplaires présents sont déjà une mine d’informations pour celui ou celle qui veut les explorer.

 

Croquis et Etudes

Commençons par faire quelques études ou croquis sur la base des dessins de Hubert parus dans les Albums de l’école de dessin dont je vous mets quelques exemples choisis. C’est une bonne façon d’aborder le trait et les ombres et lumières. Les images sont légendées avec le texte original et vous trouverez aussi le permalien de la planche pour accéder directement sur le site Gallica. Ce qui vous permettra de la  télécharger dans une définition supérieure si vous le souhaitez.

 

 

Maintenant que vous vous êtes fait la main avec ces croquis, voici des études un peu plus compliquées (toutes les consignes sont en légende lorsque vous cliquez sur l’image). Et j’en profite pour vous donner les conseils d’usage de la mine de plomb qui commençait à être en vogue à l’époque. 

étude de paysage


La Mine de Plomb

Les dessins à la mine de plomb sont devenus très en vogue depuis les perfectionnements apportés dans la fabrication des crayons de plombagine, et on parvient aujourd’hui  ( en 1840) à produire avec ces crayons des croquis et des dessins d’un résultat plein d’attrait et de vérité. Il est idéal pour le paysage.
De nos jours, on ne parle plus de mine de plomb mais de graphite, mais c’est la même chose.
Avant d’exposer les moyens d’exécuter un paysage à la mine de plomb, nous croyons devoir indiquer quel est le choix des crayons et des papiers les plus propres à ce genre de dessin, ainsi que les préparatifs préliminaires auxquels il faut se livrer avant de commencer son travail. Nous conseillerons, avec presque tous les artistes, de choisir les crayons qui se taillent franchement, qui sont doux au contact avec le papier, qui laissent un trait d’un gris mat, tendant au noir, surtout s’ils sont d’une nature tendre .
 Ces crayons sont de trois sortes parfaitement distinguées par des numéros d’ordre : ceux de la première classe, n° 1, sont les plus tendres ; le n° 2 plus dur ; le n° 3 très dur.
Les crayons de chacune de ces espèces ont leur emploi spécial assez indiqué par la nature des objets et des tons à dessiner.
Aujourd’hui la dureté des mines se décline de 9H à 2H pour les mines dures  H-HB-B sont les mines moyennes  et 2B à 9B sont les mines tendres et très noires. Il suffit de mélanger de l’argile céramique au graphite en poudre en proportion différentes pour faire varier la dureté de la mine.
 
On devra toujours tailler les crayons en pointe allongée, sans dégarnir une grande partie de plombagine. De cette manière, l’œil peut suivre plus facilement tous les mouvements de la pointe sur le papier, et la plombagine n’étant que peu découverte, conserve assez de résistance pour que l’on puisse exécuter toutes sortes de traits.
Le papier le plus avantageux pour le dessin à la mine de plomb ne doit pas être très lisse ; il ne faut pas non plus qu’il fléchisse sous la pointe du crayon; cependant, pour des croquis légers, des ébauches et quelques-petits dessins de fantaisie, on emploie quelquefois des papiers vélins ordinaires ou des papiers qui offrent peu de résistance. Les papiers légèrement teintés, soit en gris, soit en jaune, sont ceux sur lesquels le dessin s’harmonise mieux, qui produisent un effet général plus agréable, et qui rendent le travail plus rapide et plus facile. On peut, dans certains cas, en employant ces derniers papiers, relever d’un peu de blanc mis au pinceau, les parties éclairées et placées sur le devant des croquis. Nous donnerons, en leur lieu, tous les détails qui mettront le lecteur entièrement sur la voie pour exécuter ces divers effets, et nous expliquerons en quelles occasions il convient d’en faire usage.
Ces conseils sont toujours d’usage
Pour traiter un paysage d’une assez grande dimension, le mieux est de tendre le papier sur un carton de la manière qui est en usage pour les lavis. L’expérience prouve que l’exécution du dessin y gagne généralement, soit sous le rapport du ton, soit sous celui de la netteté.
Dans le dessin à la mine de plomb, il faut en général essayer de produire d’un seul coup le ton que l’on veut donner aux objets. A cet effet on appuie plus ou moins fortement sur le crayon. On arrive ainsi, non seulement à produire un dessin plus correct, mais on répond mieux au but de ce genre de dessin, qui est la rapidité dans l’exécution ; aussi ce genre estil celui adopté par les artistes voyageurs.
Principes généraux :L’étude du paysage à la mine de plomb peut se considérer sous trois points de vue: les esquisses, les croquis et les dessins finis.Les esquisses sont des dessins aux traits, qui indiquent simplement les contours des objets, mais qui doivent néanmoins être exécutés avec l’entente, ou, comme le disent certains artistes, avec l’esprit et le sentiment des ombres et des lumières ; c’est à dire que les traits devront être vigoureux, pour les contours’qui sont dans l’ombre, et légers pour ceux qui sont dans la lumière.Les croquis sont des esquisses franchement touchées, dans lesquelles on a dessiné les ombres et tracé les principaux détails des objets. Les différentes parties qui composent le paysage doivent, suivant leur nature et leur position, s’y faire sentir par des tons variés. Ainsi une grande vigueur dansles ombres indiquera les premiers plans, tandis que les lointains ne seront couverts que d’une teinte légère. C’est ici qu’il faudra faire usage des diverses sortes de crayons dont nous avons parlé plus haut : ceux n° 1 devront servir dans les parties fortement ombrées; len°2, dans les teintes moins vigoureuses, et enfin le n° 3 pour les lointains.
Quant au croquis des arbres, après en avoir pris la configuration générale ou par groupes, on s’attache à en relever et faire sortir les masses principales, au moyen des ombres ; de manière que l’œil puisse retrouver et suivre les branches dans leurs formes et leurs dispositions particulières.
D’après ce qui précède, il est facile de pressentir, alors même que son nom ne l’indiquerait pas suffisamment, ce que doit être un dessin fini. C’est là que le talent et la manière de faire de chaque artiste doivent se développer dans toute leur originalité. Un dessin fini doit renfermer l’expression de tous les détails qu’une étude approfondie fait découvrir dans chaque objet. Les ombres y sont portées à la vigueur convenable pour bien représenter toutes les formes; de sorte qu’aucune partie ne reste dans le vague. Ici les ciels, à la différence de ce qui se fait pour les esquisses et même pour les croquis, doivent être touchés avec pureté et s’harmoniser parfaitement avec l’en semble du paysage. Toutes les ressources enfin doivent être mises en œuvre, afin de rendre dans toute leur vérité la forme particulière à chaque objet, ainsi que les divers effets produits par la nature.
En voyage, et alors que ses moments lui sont comptés, l’artiste fait des esquisses: ces dessins suffisent pour lui conserver le souvenir des sites qu’il a parcourus. Si, au contraire, on veut avoir une image précise et fidèle d’un paysage, il faudra en prendre le croquis. On pourra même, si le temps le permet, donner à ce croquis, sur le lieu même, un effet voisin de celui d’un dessin fini. C’est dans l’atelier ensuite qu’on mettra la dernière main au travail, et qu’on exécutera, dans son entière perfection, la composition de tous les détails qui constituent un dessin fini.
Lorsqu’on a beaucoup travaillé d’après nature ; lorsqu’on a étudié avec soin les effets divers produits soit par la réunion de certaines circonstances données, soit par l’état de l’atmosphère , et suivant les saisons et les climats, de simples esquisses, bien saisies, peuvent suffire à un crayon exercé pour en composer ensuite un paysage ou un dessin avec assez de vérité et de précision.
F. A. PERNOT.
Alors… affutez vos crayons

Le paysage : Interprétation

Dans les 2 exemples qui suivent, l’étude se fait d’après un texte de Lamartine « Les Méditations », l’illustration est là pour étayer les conseils du professeur. Dans le cours,  il est demandé d’en faire une copie, mais rien n’empêche de faire une interprétation libre du poème ci-dessous.

Voici l’étroit sentier de l’obscure vallée :
Du flanc de ces côteaux pendent des bois épais,
Qui, courbant sur mon front leur ombre entremêlée,
Me couvrent tout entier de silence et de paix.
 
Là, deux ruisseaux cachés sous des ponts de verdure,
Tracent en serpentant les contours du vallon;
Ils mêlent un moment leur onde et leur murmure,
Et non loin de leur source ils se perdent sans nom.
 
La source de mes jours comme eux s’est écoulée;
Elle a passé sans bruit, sans nom et sans retour :
Mais leur onde est limpide, et mon âme troublée
N’aura pas réfléchi les clartés d’un beau jour.

 

 

 

En art, il existe 2 genres de paysage : le paysage-portrait et le paysage composé. Toutes ces études vous auront appris à composer un paysage, à vous de passer au paysage-portrait en  essayant de reproduire  les endroits que vous aimez.

Bons dessins de paysage à tous.

 

Liens des livres à explorer sur Gallica

Cours complet du paysage 

 par Thénot,
Auteur : Thénot, Jean-Pierre (1803-1857)
Éditeur : l’auteur (Paris)
Date d’édition : 1834
Sujet : Paysage, enseignement, 1834

Les maitres du paysage d’Emile Michel

 

Histoire d’un dessinateur :

comment on apprend à dessiner / texte et dessins par Viollet le Duc
Auteur :  Viollet-le-Duc, Eugène-Emmanuel (1814-1879). Auteur du texte
Éditeur :  J. Hetzel (Paris)
Date d’édition :  1879

ou encore quelques estampes sur le paysages

  • [L’Homme indécis, paysage à Sain Bel] : [estampe] Baron, Balthazar Jean (1788-1869
  • [Figures de différents caractères]. 293, [Paysage avec une passerelle] : [estampe] / … Boucher, Fra
  • [Paysage] : [estampe] / J [Prosper Alphonse Isaac] [monogr.] Isaac, Prosper Alphonse (1858-1924). G
  • [Figures de différents caractères]. 272, [Saules au bord de l’eau] : [estampe] / … Boucher, François (1

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