En 2021, Le Petit Palais a organisé une exposition intitulée « Édition limitée – Vollard, Petiet et l’estampe des maîtres ». Une magnifique occasion de voir de nombreuses estampes d’artistes de renom et surtout d’apprécier le travail passionné d’Ambroise Vollard, éditeur d’estampes et de livres d’artistes.

J’ai choisi aujourd’hui de vous présenter des estampes de Van Gogh.

Un ami fidèle

Bois gravé d'Emile Bernard pour une exposition - ©Gallica

Si l’on doit le recueil d’où sont tirées ces illustrations à l’éditeur Vollard, c’est principalement  son ami Emile Bernard que l’on doit remercier.

Le livre, qui renferme les estampes numériques qui suivent, s’intitule « Lettres de Vincent Van Gogh à Émile Bernard » . Il a été publié en 1911 par Ambroise Vollard. Cette correspondance est suivie de reproductions de dessins et peintures.

Ces missives nous révèlent les  recherches artistiques et les humeurs de l’artiste, il accompagnait souvent ses lettres de croquis annotés pour partager  sa vision des couleurs. C’est un document vraiment intime plein d’anecdotes  sur le parcours de Van Gogh, de ses relations avec son frère ou ses amis, de son regard sur le paysage … on plonge dans son univers. L’estampe ci-contre est une gravure d’Emile Bernard a l’occasion de la première exposition posthume des œuvres de Van Gogh

 

Période hollandaise

Dans cette première série de dessins on remarque déjà un trait affirmé. Plus tard il travaillera à l’encre avec un roseau, une technique qu’il utilisera souvent. Regarder en détail son travail est un véritable plaisir des yeux et permet d’apprécier l’usage des hachures, traits ou points dans ses dessins et voir l’évolution de sa technique graphique. 

Paysages méditerranéens

« Mes dessins sont faits avec un roseau, une plume d’oie écrivait-il a son frère Théodore. Je compte en faire une série comme cela… C’est un procédé que j’ai déjà cherché en Hollande dans le temps, mais là je n’avais pas d’aussi bons roseaux qu’ici ».

« Ses dessins! il en faut bien parler; car, eux aussi, ils sortent absolument de la manière accoutumée de reproduire les objets que nous voyons. Ils sont une tentative hardie de la traduction de la couleur. Par des barres, des points, des lignes, dirigés dans le sens le plus expressif de la forme, ils rendent avec une singulière vigueur, l’ardente vision que son imagination dégageait des spectacles. Son grand désir était d’arriver à dessiner avec la même facilité que l’on écrit; car il avait gardé cette idée, ancienne et très vraie, que le dessin est la base de l’art et que ce n’est que par lui qu’existe le tableau. Son premier soin était donc de bâtir par de grandes lignes, de trouver l’équilibre primitif des harmonies que la nature présente; ensuite, il brodait l’arabesque de ses vibrations, bâtons, points ou zébrures, destinés à donner une sorte de mouvement à l’ensemble. Tout cela était fait de tempérament, sans froid calcul, avec l’intuition certaine d’une âme émue, d’un cœur ardent. »

extrait du livre « Lettres de Vincent Van Gogh à Emile Bernard

Ceci n’est bien sûr qu’un tout petit extrait du livre, et je vous invite à l’explorer par vous même  car c’est un délicieux cadeau aussi bien dans la lecture  que pour les personnes qui dessinent 


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